À Villeneuve-la-Garenne, la crainte de l’embrasement après une nuit de tensions
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21 avril 2020 0 Par admin6669


Sur Twitter, le journaliste Taha Bouhafs a prévenu tout le monde dimanche soir : «La banlieue s’embrase, l’histoire se répète, l’explosion n’est vraiment pas loin cette fois, trop d’injustices accumulées. Les prochains jours vont être décisifs». À Villeneuve-la-Garenne, petite commune réputée calme des Hauts-de-Seine, il aura suffi d’une «étincelle en plein confinement», comme le souffle une source policière, pour que les esprits s’échauffent. Ravivant, dans un contexte si particulier, une nouvelle fois le souvenir des douloureuses émeutes urbaines de 2005.

Samedi aux alentours de 22 heures, un homme de 30 ans, circulant sans casque sur un moto-cross, a été blessé à la jambe après avoir heurté la portière ouverture d’un véhicule de police banalisé. Sur les réseaux sociaux, les défenseurs de l’individu, connu des services de police, n’ont pas tardé à crier à la bavure, appelant au soulèvement général. Leurs opposants d’extrême droite, eux, se gaussaient du sort du trentenaire, qui aurait dû «rester chez lui» en pleine crise sanitaire. La désinformation, comme bien souvent, a prêté au motard une jambe arrachée, au lieu d’une fracture ouverte du fémur.

Foyers de délinquance

Le soir de l’incident, des affrontements ont éclaté entre une cinquantaine d’individus et les forces de l’ordre. Ces violences se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi, dès 22 heures et se sont terminées aux alentours de 5 heures du matin. Plusieurs véhicules ont été incendiés, des mortiers et feux d’artifice tirés, du mobilier urbain dégradé, malgré une présence policière de taille. Des violences ont aussi éclaté dans les villes voisines de Rueil-Malmaison, Suresnes et Gennevilliers et Nanterre. Mais, à ce stade, aucun lien n’a pu être établi par les autorités avec l’accident de Villeneuve.

À Villeneuve, les actions seraient le fruit de jeunes issus notamment de la cité HLM «La Caravelle». Selon nos informations, ces individus se sont soigneusement organisés via le réseau social Snapchat. Mais les événements n’ont pas abouti à quelconque interpellation, ne permettant donc pas «d’identifier les meneurs» des attaques, indique la mairie au Figaro. Dans cette ville de moins de 25.000 habitants, un tel soulèvement surprend les acteurs de terrain. «Ici, les zones de non-droit n’existent pas et les quelques foyers de délinquance se résument au trafic de stupéfiants. On aurait pu penser à Grigny, La Courneuve, mais pas Villeneuve», juge une source policière.

«Le confinement exacerbe les tensions»

Du côté des forces de l’ordre, on craint de prochaines «nuits difficiles» à Villeneuve-la-Garenne, dans un contexte particulièrement tendu. «Les faits se sont déroulés près de quartiers alimentés par le trafic de stupéfiants. Le confinement exacerbe les tensions, met un coup d’arrêt à l’économie parallèle. Les dealers tentent de continuer leur business, mais gagnent moins qu’avant. Ça peut s’enflammer bien plus facilement», redoute une source bien informée. «Si d’autres départements s’y mettent, ça peut devenir compliqué», abonde une autre. Dans la nuit de dimanche à lundi, de sporadiques incidents ont été rapportés en Seine-Saint-Denis à Aulnay-sous-Bois, Villepinte ou encore Neuilly-sur-Marne. Sept personnes ont été interpellées.

Les policiers sont incapables de gérer une crise sanitaire et un embrasement des cités en même temps

Une source policière au Figaro

Depuis le début du confinement, les policiers ont pour consigne de faire preuve de «discernement» à l’égard des quartiers sensibles. «L’idée est de ne pas forcément aller au contact avec des gens provocateurs», confie l’un d’eux. À Villeneuve-la-Garenne comme ailleurs, les effectifs travaillaient jusqu’ici en mode «dégradé». Seulement 50% d’entre eux étaient sur le terrain pour éviter une surcontamination au Covid-19. Mais les récentes tensions ont changé la donne. L’ensemble des agents de la Brigade anticriminalité (BAC) de nuit seront mobilisés dans les prochains jours sur zone. Même chose pour la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) en journée et soirée. Un hélicoptère a également prévu de survoler le département pour mieux identifier les fauteurs de troubles. «Les policiers sont incapables de gérer une crise sanitaire et un embrasement des cités en même temps», s’inquiète un syndicaliste.

Un de nos contacts, proche du dossier, tempère toutefois : «Les faits ne sont pas aussi graves qu’évoqués sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas eu de course-poursuite ayant pu inciter cet homme à accélérer et le pousser à la faute». Selon lui, ces soulèvements ne sont «qu’un petit coup d’éclat». Même son de cloche chez la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Camille Chaize. «Ces agissements sont évidemment intolérables et appellent une réponse de fermeté. À ce stade, ils demeurent néanmoins de relativement faible intensité». Une source policière s’inquiète toutefois des appels à la «haine anti-flics». «Nous demandons au ministre de l’Intérieur de déposer plainte contre ces gens qui veulent la mort de nos collègues», réclame Emmanuel Quemener, secrétaire régional du syndicat Alliance. Avant d’ajouter, sans langue de bois : «Dès que la police met un peu trop son nez dans le quartier, ça dérange».



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